Arrivée en France il y a maintenant trois ans, Liz Wardley ("Sojasun"), celle
que l’on surnomme la demoiselle des Antipodes, n’a pas froid aux yeux et elle
vient de le prouver de la plus belle des manières en s'emparant ce matin à
10h31, heure de Paris, de la quatrième place de ce 4e Trophée BPE. Sauf
incident, Marc Emig ("A.ST Groupe") et Franck Le Gal ("Lenze") devraient prendre
respectivement les 5e et 6e places. Ils sont attendus à Saint-Louis en début de
soirée, heure française. En revanche, rien n'est joué pour la 7e place : pas
moins de sept bateaux peuvent prétendre à ce rang Liz Wardley termine quatrième de cette édition du Trophée BPE - Banque Privée Européenne - à bord de "Sojasun". La navigatrice originaire de Papouasie a coupé la ligne d'arrivée mouillée devant Saint-Louis à Marie-Galante à 4 h 31 minutes et 40 secondes heure locale, soit à 10 h 31 minutes et 40 secondes heure de Paris. Liz boucle ainsi l'épreuve au terme de 21 jours 21 heures 31 minutes et 40 secondes de course à la moyenne de 6,53 nœuds. " Je suis contente et surtout très fière de finir 4e. Je ne réalise pas du tout mais c'est vraiment super ! " lâchait-elle à son arrivée au ponton. " La course dans son ensemble a été très stressante parce qu'on a quand même pris une option radicale en allant dans le Sud. C'était difficile psychologiquement d'avoir plus de 200 milles de retard sur les premiers et de ne pas craquer en voulant couper la route mais on est allé au bout de notre option et ça a payé. Ces derniers jours, j'ai toutefois beaucoup donné pour que Marc Emig reste derrière moi. C'était étrange comme duel car on était très éloigné l'un de l'autre en latitude. " De fait, samedi dernier, 115 milles séparaient les deux marins en latéral contre 5 milles seulement par rapport à la distance au but. La jeune Papoue, située plus au Sud que son rival a bénéficié d'un peu plus de vent et a doucement creusé l'écart pour finalement le devancer d'un peu plus de 45 milles. Marc Emig est donc attendu à Saint-Louis entre 18 et 19 heures, heure de Paris, ce lundi. " C'est la dernière ligne droite ! J'en ai marre de tirer des bords. Je pensais que cette nuit le vent serait plus faible mais pas du tout. Du coup, pour "Lenze" qui est plus au Sud, ça l'a fait et il est revenu à 15 milles de mon tableau arrière ! ". Ces dernières 48 heures, Franck Le Gal a, en effet, fait un bond au classement, passant de la 11e à la 6e place. " J'ai dû enchaîner une trentaine de manoeuvres. C'est comme ça que j'ai réussi à m'en sortir. Je suis super content. Mon objectif était de rentrer dans les 10 premiers. Sauf souci technique, je devrais finir 6e. Je ne peux plus doubler Marc et derrière, il n'y a pas vraiment de menace. " a commenté le Morbihannais lors de la vacation, ce midi. De fait, près de 20 milles le sépare d'un petit groupe de 6-7 bateaux, tous à la lutte. " Entre la 7e et la 14e place, ça va se jouer dans un mouchoir de poche. Le hic, c'est que finir 7e ou 14e, ce n'est pas exactement la même chose ! ", déplorait Yannick Bestaven (Aquarelle.com), hier. Chacun cravache donc au maximum. " Nous sommes un petit groupe à se tenir en moins de 3 milles. Forcément, quand il reste 35 milles à parcourir, ce n'est pas de tout repos ", avouait de son côté Eric Drouglazet ("Luisina Design"). " Je ne regarde plus les fichiers météo. Je ne dors plus. Je suis rivé à la barre pour essayer de grappiller des mètres. Je fais marcher le bateau comme un bourin en jouant les petites bascules. Pas question de lâcher, c'est la seule façon de passer et sauver les meubles ! ".
